Que sont devenus les joueurs du Young Star Game 2025 ?
Il y a un an, en janvier 2025, le Palais des Sports Marcel-Cerdan de Levallois s’embrasait pour accueillir la toute première édition du Young Star Game de la LNB. En marge du NBA Paris Game, vingt joueurs de moins de 22 ans sélectionnés comme les meilleurs espoirs du basket français s’affrontaient sous les couleurs de la Team Rigaudeau et de la Team Sonko. Dans les tribunes, recruteurs NBA, agents, et une poignée de journalistes qui pressentaient déjà qu’ils avaient affaire à une génération hors du commun.
Douze mois plus tard, Up To The League a retracé le parcours de chacun de ces 20 joueurs.
Le Young Star Game 2025 en chiffres : que sont-ils devenus ?
Avant d’entrer dans le détail, voici les grandes tendances qui ressortent de ce suivi :
- 3 joueurs en NBA (15 %), dont 2 au premier tour de Draft
- 7 joueurs partis à l’international (NCAA, NBL australienne, Bundesliga, Liga ABA, BSL turque)
- 7 joueurs confirmés en Betclic Elite
- 3 joueurs en Elite 2
En d’autres termes, 70 % des sélectionnés ont soit franchi un palier majeur, soit confirmé leur statut au plus haut niveau français. C’est le signal le plus fort que pouvait envoyer cette génération, le Young Star Game n’est pas qu’une vitrine. C’est un vrai révélateur de talent.
La consécration NBA : ils sont 3
Nolan Traoré : du Young Star Game aux Brooklyn Nets
La tête d’affiche du Young Star Game 2025 n’a déçu personne. Évoluant alors à Saint-Quentin en Betclic Elite, Nolan Traoré a été drafté en 19e position par les Brooklyn Nets lors de la Draft NBA 2025. Un premier tour qui valide des années de travail et une progression constante.
Sa saison rookie 2025-2026 est celle d’un joueur qui prend le temps d’apprendre. En NBA, il tourne à 7,9 points, 1,6 rebond et 3,7 passes décisives en 22 minutes sur 35 matchs. Dont un double-double à 13 points et 13 passes décisives contre Chicago le 10 février 2026. Son coach Jordi Fernandez a publiquement salué ses « prises de décision impeccables » et sa capacité à rester en contrôle malgré sa vitesse exceptionnelle. En G-League, il explose avec 18,8 points, 2,8 rebonds et 6,0 passes en 30 minutes.
Noah Penda : MVP du YSG, désormais au Magic d’Orlando
Élu MVP du Young Star Game 2025 avec une ligne exceptionnelle (18 points, 7 passes, 6 rebonds en 27 minutes), Noah Penda (Le Mans) a confirmé son statut en remportant également le titre de Meilleur Jeune de Betclic Elite 2024-2025. Les Celtics l’ont sélectionné au 32e pick avant de le transférer immédiatement au Orlando Magic.
Dans une équipe qui vise les playoffs, il apporte de l’énergie, de la polyvalence défensive sur les postes 3-4, et ce QI basket qui avait frappé les observateurs lors du Young Star Game.
Mohamed Diawara : directement dans la rotation aux New York Knicks
Drafté en 51e position par les Los Angeles Clippers puis envoyé aux New York Knicks, l’ailier-fort de Cholet (2,04 m, 20 ans) n’est pas resté en Europe pour se développer. Il est bel et bien dans la rotation à New York cette saison.
Les envols internationaux : six destinations, six parcours
Cameron Houindo : la Liga ABA pour se construire
MVP du championnat d’Europe U16 2024, Cameron Houindo (Pôle France) a choisi l’Europe de l’Est pour franchir un premier palier professionnel. Il évolue désormais au Cedevita Olimpija Ljubljana en Liga ABA, la ligue Adriatique, compétition de référence en Europe centrale. À tout juste 18 ans, le joueur né en 2008 combine développement individuel et exposition à un niveau de jeu exigeant, dans la lignée des jeunes Français qui choisissent de grandir hors de France avant la Draft NBA.
Noa Kouakou-Heugue : destination Perth, sur les traces d’Alexandre Sarr
L’ailier du Pôle France (2,02 m, né en 2007) a opté pour la NBL aux Perth Wildcats en Australie. Exactement le même club qui a formé Alexandre Sarr avant sa Draft en 2024 en 2ème choix. Dominant en NM1 lors de sa dernière saison au Pôle France, Kouakou-Heugue suit une trajectoire qui pourrait le mener vers la Draft NBA 2027. La NBL s’est imposée comme une alternative crédible et sous-estimée à la NCAA. Plus de responsabilités, un vrai cadre professionnel, et une exposition internationale croissante.
Evan Boisdur, Roman Domon, Ilias Kamardine : trois Français en NCAA
Le Young Star Game 2025 aura envoyé pas moins de trois joueurs en NCAA, ce qui témoigne de l’attractivité croissante du modèle universitaire américain pour les prospects français.
Evan Boisdur (1,82 m, Guadeloupe) a rejoint Grand Canyon University (GCU). 3ème meilleur marqueur des Espoirs Elite 2024-2025 avec 20,7 points de moyenne et champion d’Europe U20 avec la France en juillet 2025, il incarne le profil du scoreur explosif qui cherche à se tester face aux meilleurs prospects mondiaux.
Roman Domon (2,07 m, Amiens) a signé à Murray State. Ses stats 2025-2026 sont éloquentes, 14 points et 5,1 rebonds, avec un record à 29 points contre Northern Iowa.
Ilias Kamardine (Dijon), gros scoreur de la Team Sonko lors du Young Star Game, a lui aussi traversé l’Atlantique pour rejoindre Ole Miss.
Zacharie Perrin et Mohamed Diakité : l’attrait de la Bundesliga
Deux profils intérieurs ont choisi l’Allemagne, ce qui en dit long sur l’attractivité croissante de la Bundesliga pour les jeunes Français.
Zacharie Perrin (2,08 m, MVP du championnat d’Europe U20 2024) avait débuté sa carrière pro en Betclic Elite à Antibes (10,1 points, 6,8 rebonds). Il a pris la direction des Hambourg Towers, où il tourne désormais à 10,1 points et 6,2 rebonds. Une vraie montée en puissance.
Mohamed Diakité (2,10 m, 19 ans) avait été peu utilisé à Saint-Quentin (1,7 point en 9 matchs). Il a rejoint le programme Ratiopharm Ulm, le même club qui a formé Killian Hayes, Pacôme Dadiet et Noa Essengue. Dominant en Espoirs Elite (16,2 points, 7,6 rebonds), il cherche à confirmer dans un cadre structuré.
Brice Dessert : cap sur Istanbul
La surprise de ce bilan international, c’est sans doute Brice Dessert. L’intérieur de Strasbourg a signé à Anadolu Efes Istanbul, l’un des clubs les plus titrés d’Europe, évoluant en BSL (championnat turc) et régulièrement en EuroLeague. À son âge, évoluer dans cet environnement est une marque de confiance forte et un accélérateur de carrière évident.
Les confirmations en Betclic Elite
Hugo Yimga-Moukouri : le phénomène de Nanterre
Le nom à retenir pour les 5 prochaines années. Issu du Pôle France, Hugo Yimga-Moukouri a rejoint Nanterre 92 cette saison et s’est immédiatement imposé comme l’un des joueurs les plus excitants de Betclic Elite. Ses stats 2025-2026, 7,3 points et 3,9 rebonds en 17,8 minutes sur 20 matchs.
C’est la nature de ses performances qui frappe. Élu Meilleur Jeune du mois de décembre 2025, il a enchaîné deux matchs à 16 points, dont un face au Paris Basketball, et établi un record de 9 rebonds contre l’ASVEL. À 17 ans, il est déjà projeté comme l’un des prospects majeurs de la Draft NBA 2027. Son profil d’ailier athlétique (2,04 m), capable d’attaquer le cercle comme de s’exprimer à mi-distance, est une rareté dans sa génération.
Aaron Towo-Nansi : la progression logique à Cholet
Déjà intégré aux Espoirs Elite de Cholet en 2024-2025, Aaron Towo-Nansi (1,75 m, meneur guyanais) a franchi le cap du groupe pro en Betclic Elite cette saison. Malgré sa taille, il compense par une vitesse, une créativité et une agressivité défensive remarquables. Lors de l’ANGT Paris 2025, il avait affolé les compteurs avec 36 points face au Pôle France. Sa montée en Betclic Elite n’est pas une surprise, c’est une progression construite pas à pas.
Les autres confirmations en Betclic Elite
Mathéo Leray s’est stabilisé à l’ELAN Chalon, Nathan De Sousa poursuit sa progression à Cholet, et Enzo Shahrvin a rejoint le Paris Basketball après son passage à Saint-Quentin. Trois profils différents, un point commun : la Betclic Elite comme terrain de confirmation.
L’Elite 2 : la filière de développement sous-estimée
Lucas Dufeal : de Vichy au Mans en un an
Élu meilleur défenseur de Pro B 2024-2025 avec la JA Vichy (9,9 points, 6,7 rebonds, 2,1 contres), Lucas Dufeal (2,04 m, Martinique) a signé un contrat de trois ans au Mans Sarthe Basket en Betclic Elite. Sa trajectoire est l’archétype du développement réussi en Elite 2. Champion de France Espoirs avec Cholet, deux saisons à Vichy pour accumuler les minutes et les responsabilités, puis passage dans l’élite avec un rôle clair.
Ilane Fibleuil : rebondir après la UCLA
Son parcours illustre les aléas d’une carrière. Membre du cinq majeur de la Coupe du Monde U17 2022, recruté par l’université UCLA, Ilane Fibleuil a vécu une expérience américaine avortée. De retour en France à Poitiers, il a signé à Orléans (Elite 2) pour 2025-2026, où il retrouve son ancien coach du Pôle France Lamine Kébé.
Talis Soulhac et Nathan Soliman : deux trajectoires ascendantes
Talis Soulhac poursuit sa progression linéaire à Blois (Elite 2), dans un club qui lui fait confiance année après année. Moins spectaculaire, mais solide.
Nathan Soliman (né en 2009), lui, vient tout juste de signer à Nantes en Elite 2. Une étape concrète et rapide pour le plus jeune joueur du Young Star Game 2025, qui n’avait que 15 ans lors de l’événement. Fils de l’ancien international William Soliman, il évolue avec deux ans d’avance sur sa génération. Les observateurs le placent dans le Top 5 des prospects mondiaux de la génération 2009, et ce premier contrat professionnel confirme que la trajectoire est bien réelle.
Une génération d’exception, pas de trajectoire unique
Un an après le premier Young Star Game, le bilan est extraordinaire. La génération 2003-2009 du basket français est l’une des plus riches de l’histoire, et cet événement a su la mettre en lumière au bon moment.
Ce qui ressort avant tout, c’est la diversité des trajectoires. NBA, Liga ABA, NCAA, NBL, Bundesliga, BSL, Betclic Elite, Elite 2. Chaque joueur a trouvé, ou est en train de trouver, l’environnement qui lui correspond. La filière française, portée par le Pôle France, les centres de formation comme Cholet, Le Mans ou Nanterre, et par des clubs exigeants en Betclic Elite, continue de produire des joueurs capables de rayonner bien au-delà de nos frontières.
Le vrai test se jouera dans 2 à 3 ans. Si les tendances actuelles se confirment, entre 8 et 10 de ces 20 joueurs évolueront en NBA ou dans les meilleures ligues européennes. Ce serait l’un des taux de réussite les plus élevés jamais enregistrés pour une promotion française.
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Questions fréquentes
Le Young Star Game est-il un vrai accélérateur de carrière ?
Oui. 3 joueurs en NBA, 3 en NCAA, 2 en Allemagne, 1 en Australie, 1 en Turquie, 1 en Liga ABA. C'est une dispersion internationale qui n'existait pas pour les générations précédentes. L'événement cristallise la trajectoire mentale d'un joueur . Etre sélectionné au Young Star Game, c'est intégrer qu'on fait partie de l'élite. Et pour des joueurs de 15, 16 ou 17 ans, ce signal accélère la progression.
Faut-il partir à l'étranger tôt ?
La réponse n'est pas universelle. Zacharie Perrin avait besoin de sortir de Betclic Elite pour trouver son rythme de croisière. Noa Kouakou-Heugue a choisi Perth pour maximiser son exposition. Mais Hugo Yimga-Moukouri, lui, progresse remarquablement à Nanterre. La bonne décision dépend du joueur, de son club, et des minutes disponibles, pas d'une règle générale.
L'âge fait-il la différence ?
Sans aucun doute. Les joueurs les plus jeunes lors du Young Star Game, Soliman (15 ans), Yimga-Moukouri (16 ans), Towo-Nansi (déjà chez Cholet Espoirs) sont précisément ceux qui ont le potentiel le plus élevé. Leur exposition précoce à un événement de ce niveau leur permet d'intégrer mentalement leur statut d'élite bien avant les autres joueurs.
Le mythe du tout NBA ?
Ce bilan rappelle que la carrière ne se résume pas à la Draft NBA. Un Brice Dessert à Anadolu Efes à 21 ans, c'est une belle réussite. Un Lucas Dufeal qui signe trois ans au Mans après deux saisons formatrices en Elite 2, c'est un parcours exemplaire. La diversification des destinations est une force, pas une faiblesse.
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